Emmanuel Macron, rentré d'une tournée dans le Golfe, a de son côté convoqué à l'Élysée "l'ensemble des services de renseignement", accusés d'avoir mal anticipé la mobilisation, et doit s'exprimer en marge de cette réunion à la mi-journée.
Sébastien Lecornu recevra lui en début d'après-midi les partis à Matignon, en présence de Laurent Nuñez (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice), des responsables des services de renseignement et des forces de l'ordre.
A la suite des violences du week-end en France, "il y a eu une manipulation étrangère de l'information qui a donné lieu à des commentaires inacceptables autant que stupides de la part de beaucoup, y compris de dirigeants étrangers"
"Il y a des gens qui font campagne sur le dos de la France, des dirigeants qui sont dans des situations de campagne dans la région ou de l'autre côté de l'Atlantique, qui parfois avec crédulité reprennent ce qu'il y a dans l'intelligence artificielle ou qui relaient ce qu'évidemment des sphères veulent faire croire"
Le président Emmanuel Macron a reconnu des "défaillances" dans la gestion des protestations. Les groupes politiques de l'Assemblée nationale se sont accordés sur une commission d'enquête sur les violences mais aussi sur le dispositif de maintien de l'ordre déployé.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait proposé sa démission dimanche et fait son mea culpa le lendemain, en reconnaissant une "perte de contrôle" dans certaines villes, démission qu'Emmanuel Macron avait refusée.
Signe de l'ampleur de la crise, avec des images d'affrontements et de bâtiments publics incendiés ou vandalisés ayant fait le tour du monde, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a remis sa démission au chef de l'État qui l'a refusée "compte-tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre".
Cette nouvelle crise intervient à seulement six mois de la présidentielle, avec la candidate d'extrême droite Marine Le Pen donnée en tête des sondages, et au moment où la France, deuxième économie de la zone euro, est sous l'étroite surveillance des marchés financiers en raison du poids de sa dette.
"La violence dans la rue n'a pas sa place dans nos démocraties", a déclaré la porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, lors d'une conférence régulière du gouvernement à Berlin.
Elle a rappelé la mise à jour survenue dimanche soir des conseils aux voyageurs et consignes de sécurité du ministère allemand des Affaires étrangères pour la France: "Faites preuve de prudence et évitez les manifestations dans la mesure du possible".
Les violences se sont poursuivies dimanche, dans des proportions moindres, avec quelque 350 interpellations, et durant la nuit à Paris. Une trentaine de commerces ont été pillés, d'après son maire Emmanuel Grégoire.
Lundi, l'accès au Louvre était bloqué par des étudiants mobilisés pour exprimer leur "soutien" au mouvement des lycéens et dénoncer "la répression policière", a appris l'AFP auprès de la direction et de deux syndicats.